2009 : une année de baisse historique pour le crédit à la consommation

2009 : une année de baisse historique pour le crédit à la consommation2009 restera comme une année de crise pour le crédit à la consommation : depuis que les statistiques d’activité existent, jamais un repli d’une telle ampleur (-13,3 % en valeur) n’avait été enregistré. Il s’agit de surcroît de la deuxième année consécutive de baisse (-2,4 % en 2008).

En euros constants, la production de crédits à la consommation en 2009 (38 milliards d’euros) est revenue au même niveau que celle enregistrée huit ans auparavant (2001).

D’un point de vue macro-économique, cette baisse de -13,3 % est équivalente à une perte d’un point de Produit intérieur brut (PIB). Les dépenses réalisées grâce au crédit à la consommation représentent en effet en France chaque année un peu plus de 7 % du PIB.

Le point le plus bas en évolution a été atteint au 2nd trimestre 2009 (-18,5 %). On assiste depuis à une diminution moindre : -16,0 % au 3ème trimestre et -5,6 % au 4ème trimestre.

Cette baisse historique trouve plusieurs origines :

1ère explication : la baisse de la consommation de biens durables en valeur : comme l’illustre très bien le secteur automobile (qui représente en France un tiers des crédits à la consommation), si la consommation pour certains biens s’est maintenue en unités, voire a progressé, elle a par contre chuté en valeur.

Cette baisse de la consommation de biens durables a un effet multiplicateur sur le crédit :

– Les ménages optant pour des biens d’un prix moins élevé, avec un montant d’apport souvent identique, la baisse résultante sur la partie de l’achat financée à crédit s’en trouve accentuée.

– Pour illustration, lorsqu’un particulier, dont l’apport initial est de 10.000 euros, décide de réduire son prix d’achat de 25.000 à 20.000 euros, la baisse de l’achat constatée est de -20 %, mais celle du financement venant en complément de l’apport est de -33 % (de 15.000 à 10.000 euros).

Nous estimons qu’en 2009 le montant moyen unitaire d’un crédit à la consommation a baissé de plus de 10 %. Cette baisse du montant moyen s’observe pour la quasi majorité des produits financés, y compris pour le e-commerce, pourtant jusqu’ici relativement protégé. Cette baisse du crédit conso est donc nettement plus forte en montant financé qu’elle ne l’est en nombre de dossiers financés.

2ème explication : la baisse de la confiance des ménages : souscrire un crédit est aussi l’expression de la confiance qu’ont les ménages en leur avenir. Le niveau de confiance des ménages historiquement bas en 2009 explique également ce moindre recours au crédit à la consommation. Les particuliers ont choisi, à l’inverse, d’épargner massivement, comme l’atteste le niveau de l’épargne atteint en 2009.

3ème explication : la décrue de l’immobilier : il existe en effet une corrélation, avec un décalage de 9 à 12 mois, entre l’investissement immobilier des ménages et le crédit à la consommation. Le marché immobilier accusant un fort repli depuis mi 2008, cette baisse se retrouve aujourd’hui en partie dans la production de crédits à la consommation.

Cette corrélation s’explique pour plusieurs raisons :

– Les particuliers déménagent généralement pour agrandir leur espace de vie et acquièrent alors souvent à crédit des biens d’équipement : mobilier, cuisine, électro-ménager, télévision …

– Le crédit à la consommation permet également de financer des travaux d’amélioration de l’habitat, réalisés plus ou moins rapidement après l’acquisition immobilière.

– L’emménagement peut également s’accompagner d’un besoin de trésorerie.

Le produit le plus affecté par cette crise est le prêt personnel qui accuse une chute de -23 %. Cette baisse du prêt personnel s’explique notamment par le repli très important du rachat de créances. Le prêt personnel explique à lui seul près de la moitié (45 %) de la baisse totale du crédit à la consommation en France.

A l’inverse, le repli le moins important est celui du financement affecté automobile (crédit affecté VN + VO et LOA) de -6 %.

Comme le montre la dernière étude de Sofinco sur le crédit à la consommation en Europe (disponible sur www.sofinco.com), ce mouvement n’est pas propre à la France :

– Cette baisse du marché du crédit à la consommation concerne presque tous les pays européens, certains encore beaucoup plus durement que la France.

– Les plus fortes baisses ont été enregistrées dans des pays jusqu’ici très dynamiques, tout particulièrement en Espagne, en Grèce et en Irlande.

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