Avantages et inconvénients d’une taxe sur les transactions financières

Avantages et inconvénients d'une taxe sur les transactions financièresUne taxe sur les transactions financières ne représente probablement pas le meilleur moyen de freiner la spéculation ni de trouver des recettes supplémentaires pour renflouer les banques en faillite, tel est le message entendu par les députés ce mercredi lors d’une audition publique tenue par la commission économique et monétaire du PE.

Après le sommet du G-20 de septembre et la suggestion de Gordon Brown d’introduire une taxe sur les transactions financières (TTF) qui a rencontré une réponse tiède des ministres des finances mondiales, les députés européens et des experts de différentes organisations ont débattu de la « taxe Tobin » et de la faisabilité de son introduction dans l’UE.

Ce prélèvement rencontrerait l’opposition vigoureuse du secteur financier, selon Xavier Rolet, directeur général du groupe London Stock Exchange, car elle augmenterait les coûts et aurait un effet « de refroidissement substantiel » sur l’activité de transaction. En revanche, Sony Kapoor, directeur général du groupe de réflexion Re-Define, a revendiqué un  » revenu potentiel énorme ».

Le taux de 0,01% devrait permettre de collecter 287 milliards d’euros dans le monde dont 130 milliards proviendraient uniquement de l’UE, de la Suisse et de la Norvège, selon une étude autrichienne citée par Alexander Wiedow, directeur à la Commission européenne en matière de fiscalité et d’union douanière.

En outre, cet impôt serait « bon marché, facile à percevoir […] et l’un des plus simples à mettre en œuvre » étant donné qu’aujourd’hui « tout peut être fait par voie électronique », a fait valoir Sony Kapoor en réponse à une question posée par Diogo Feio (PPE, PT), qui s’est renseigné sur le coût éventuel et sur les modalités simples de perception de cette taxe.

La Commission européenne, en revanche, ne prévoit aucune mesure à l’heure actuelle et, pour le moment, suit simplement le débat international, étant que « nous ne savons pas dans quelle mesure cela affectera la spéculation, la stabilité », a déclaré Alexander Wiedow.

Selon Jakob von Weizsäcker, chercheur du groupe de réflexion Bruegel, la crise mondiale des dernières années a suscité un intérêt renouvelé pour les FTT, certains considérant qu’il s’agit d’une sorte de « couteau suisse » capable de résoudre toutes sortes de problèmes.

En revanche, Geoff Lloyd, conseiller fiscal senior à l’OCDE, a estimé : « nous ne devons pas perdre de vue l’importance cruciale du secteur financier » pour la croissance. Attirant l’attention sur la taxe en tant que « nouvelle source de financement », il a également souligné qu’elle doit être « difficile à éviter, facile à percevoir et qu’elle doit recueillir l’adhésion du public ». Ce qui, selon lui, serait « très difficile ».

En réponse à une question posée par Udo Bullmann (S & D, DE) sur la taille « optimale » de cette taxe et à une requête de Sven Giegold (Verts/ALE, DE) relative à son impact sur les PME, Xavier Rolet a déclaré: « nous ne savons pas quel serait le taux » mais il pourrait représenter une pénalité « très importante pour les entreprises ».

Derk Jan Eppink (ECR, BE) a condamné l’impôt : un « monstre du Loch Ness » et un ‘frère’ de la directive Bolkestein. Nous n’avons pas besoin de cette taxe », a-t-il dit.

Compte tenu des divergences de vues lors de l’audition, Wolf Klinz (ADLE, DE) a déclaré qu' »à la fin de la journée, nous aurons à prendre une décision politique ». Et comme Arlene McCarthy (S&D, UK) l’a souligné, le public aimerait savoir « qui va payer à l’avenir pour la crise » et est donc « très favorable à une certaine forme de TTF ».

02/12/2009

Affaires économiques et monétaires

Sous la présidence de: Sharon Bowles (ALDE, UK) et Arlene McCarthy (S&D, UK)

Source : www.europarl.europa.eu

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